Dommage corporel
Déficit fonctionnel permanent et sexe de la victime
À taux de déficit fonctionnel permanent et âge identiques, la somme allouée au titre de ce poste est pratiquement la même pour les victimes des deux sexes. L’écart se loge dans le taux : à fait générateur et âge égaux, le taux retenu pour les victimes de sexe féminin est inférieur de 2,7 points. Il est presque nul pour les accidents médicaux et double pour les accidents du travail et maladies professionnelles.
Objet et décisions étudiées
Ce rapport compare, selon le sexe de la victime, le déficit fonctionnel permanent (D.F.P.), poste de la nomenclature Dintilhac qui répare la réduction définitive du potentiel physique, psychosensoriel ou intellectuel subsistant après la consolidation. Deux grandeurs sont examinées : le taux de D.F.P., que le juge retient au vu de l’expertise médicale, et la somme allouée au titre du poste.
Les décisions étudiées. Décisions des juridictions judiciaires et administratives qui retiennent un taux de D.F.P., allouent une indemnité à ce titre et précisent le sexe de la victime : les décisions concernant une victime de sexe féminin sont au nombre de 4 254, contre 5 518 pour une victime de sexe masculin. Une décision qui concerne des victimes des deux sexes compte dans chaque groupe. Dans la suite du rapport, « femmes » et « hommes » désignent ces deux groupes de victimes.
La méthode. Le taux et la somme ne se comparent pas de la même manière.
- Le taux varie avec la nature des lésions, donc avec le fait générateur, et avec l’âge de la victime. Au-delà des moyennes brutes, il est comparé à fait générateur et âge égaux.
- La somme se déduit du taux et de l’âge de la victime à la consolidation. Elle n’est donc comparée qu’à taux et tranche d’âge identiques.
Décisions selon le sexe de la victime
- Féminin4 254
- Masculin5 518
Recalculé le 30 octobre 2026
Taux moyen de D.F.P. selon le sexe
En moyenne brute, le taux de D.F.P. retenu s’établit à 15,3 % pour les victimes de sexe masculin et à 13,0 % pour les victimes de sexe féminin, soit 2,3 points d’écart. Cette moyenne mêle des contentieux différents ; la suite du rapport la décompose par fait générateur et par âge.
- Féminin13 %
- Masculin15 %
Recalculé le 30 octobre 2026
Taux médian de D.F.P. selon le sexe
La moitié des victimes de sexe masculin se voient reconnaître un taux de 8 % au plus, la moitié des victimes de sexe féminin un taux de 7 % au plus. Les taux se concentrent sur les faibles valeurs ; au centre de la distribution, l’écart n’est que d’un point.
- Féminin7.0 %
- Masculin8.0 %
Recalculé le 30 octobre 2026
Atteintes les plus lourdes : seuil des 10 % de taux les plus élevés, selon le sexe
Un dixième des victimes de sexe masculin se voient reconnaître un taux d’au moins 38 %, contre 30 % pour les victimes de sexe féminin. L’écart, d’un point au centre de la distribution, atteint huit points parmi les atteintes les plus lourdes.
- Féminin30 %
- Masculin38 %
Recalculé le 30 octobre 2026
Décisions par fait générateur et par sexe de la victime
Les deux groupes ne relèvent pas des mêmes contentieux. Les accidents médicaux et infections nosocomiales pèsent pour un quart des décisions concernant une femme, contre un sixième pour un homme : les femmes y sont plus nombreuses que les hommes (1 061 contre 904). À l’inverse, les accidents du travail et maladies professionnelles représentent 23 % des décisions concernant un homme et 15 % de celles concernant une femme (1 276 contre 644).
Recalculé le 30 octobre 2026
Taux moyen de D.F.P. par fait générateur et par sexe
Le taux moyen retenu pour les victimes de sexe féminin est inférieur dans chaque fait générateur, sauf l’acte de terrorisme, aux effectifs très faibles. L’écart est presque nul pour l’accident médical (22,2 % contre 23,3 %) ; il dépasse deux points pour l’accident de la circulation (8,9 % contre 11,4 %) et cinq points pour l’accident du travail et la maladie professionnelle. Or les accidents médicaux, où les taux sont les plus élevés, pèsent davantage dans les dossiers des femmes : cette composition relève leur moyenne brute et masque une partie de l’écart.
Recalculé le 30 octobre 2026
À fait générateur et âge égaux, un écart de 2,7 points
Les moyennes brutes mêlent des dossiers différents. Pour comparer les taux à dossier comparable, le taux de D.F.P. des femmes et celui des hommes sont mis en regard au sein de groupes de décisions de même fait générateur et de même tranche d’âge de la victime à la consolidation (tranches de dix ans, plus un groupe « âge non précisé ») ; les écarts obtenus dans chaque groupe sont ensuite moyennés, pondérés par les effectifs. La marge indiquée (±) correspond à un intervalle de confiance d’environ 95 %.
| Fait générateur | Écart brut | Écart à âge égal |
|---|---|---|
| Accident de la circulation | −2,6 | −2,8 (± 0,8) |
| Accident médical, infection nosocomiale | −0,9 | −0,2 (± 2,0) |
| Accident du travail, maladie professionnelle | −5,4 | −5,4 (± 1,6) |
| Autres faits générateurs (infraction pénale, acte de terrorisme, autres régimes de responsabilité) | −2,6 | −2,6 (± 1,2) |
| Ensemble | −2,3 | −2,7 (± 0,7) |
Écarts en points de taux, femmes moins hommes ; en gras, les écarts qui dépassent leur marge. Pour l’ensemble, l’écart de la dernière colonne est calculé à fait générateur et âge égaux.
L’âge. L’écart se retrouve dans presque toutes les tranches d’âge :
| Âge à la consolidation | Taux moyen, femmes | Taux moyen, hommes |
|---|---|---|
| 10–19 ans | 15,8 % | 15,9 % |
| 20–29 ans | 10,1 % | 13,8 % |
| 30–39 ans | 9,9 % | 13,2 % |
| 40–49 ans | 12,7 % | 13,7 % |
| 50–59 ans | 12,8 % | 15,9 % |
| 60–69 ans | 15,5 % | 18,8 % |
| 70–79 ans | 15,8 % | 21,4 % |
Ce que montre la comparaison. Neutraliser l’âge et le fait générateur ne réduit pas l’écart : il passe de 2,3 points en moyenne brute à 2,7 points à dossier comparable. La place des accidents médicaux, où les taux sont élevés et voisins pour les deux sexes, dans les dossiers des femmes en masquait une partie. L’écart est presque nul pour l’accident médical et deux fois plus marqué que la moyenne pour l’accident du travail et la maladie professionnelle.
La somme allouée : le taux et l’âge
La somme allouée au titre du D.F.P. se calcule, dans la pratique des juridictions, en multipliant le taux par une valeur du point qui croît avec le taux et décroît avec l’âge de la victime à la consolidation, selon les référentiels d’indemnisation. Comparer les sommes allouées aux femmes et aux hommes sans tenir compte du taux et de l’âge ne ferait que refléter l’écart de taux mis en évidence plus haut.
La comparaison porte donc sur la somme médiane allouée aux victimes de chaque sexe, pour un même taux de D.F.P. et dans une même tranche d’âge à la consolidation.
À taux et âge identiques, des sommes équivalentes
Somme médiane allouée au titre du D.F.P., femmes / hommes :
| Taux de D.F.P. | 18–39 ans | 40–59 ans | 60 ans et plus |
|---|---|---|---|
| 3 % | 5 310 € / 5 325 € | 4 500 € / 4 320 € | 3 615 € / 3 630 € |
| 5 % | 8 850 € / 9 000 € | 7 000 € / 7 200 € | 5 410 € / 6 050 € |
| 10 % | 20 350 € / 20 350 € | 15 600 € / 15 600 € | 12 000 € / 12 000 € |
| 15 % | 34 500 € / 34 500 € | 25 950 € / 27 000 € | 20 000 € / 19 500 € |
| 20 % | 51 200 € / 51 550 € | 33 250 € / 37 800 € | 30 250 € / 25 800 € |
Âge de la victime à la consolidation. Chaque case repose sur 28 à 204 sommes par sexe.
Pas d’écart de somme. À taux et tranche d’âge identiques, les sommes médianes coïncident : à 10 %, elles sont égales dans les trois tranches d’âge ; ailleurs, les écarts changent de sens d’une case à l’autre et restent inférieurs à 5 %, sauf dans trois cases : la somme est plus élevée pour les hommes à 5 % à partir de 60 ans et à 20 % entre 40 et 59 ans, plus élevée pour les femmes à 20 % à partir de 60 ans. Sur l’ensemble des taux comptant au moins dix sommes pour chaque sexe dans une même tranche d’âge, la somme médiane allouée aux femmes s’établit en moyenne à 98 % de celle allouée aux hommes.
Les deux déterminants du montant. La somme croît plus vite que le taux : entre 18 et 39 ans, elle passe de 5 310 € à 3 % à 51 200 € à 20 %. Elle décroît avec l’âge : à 10 %, de 20 350 € avant 40 ans à 12 000 € à partir de 60 ans.
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Pas d’écart dans la somme. À taux de D.F.P. et âge identiques, la somme allouée est la même pour les victimes des deux sexes, à 2 % près en moyenne.
L’écart se loge dans le taux. À fait générateur et âge égaux, le taux retenu pour les victimes de sexe féminin est inférieur de 2,7 points. L’écart est presque nul pour l’accident médical, de 2,6 à 2,8 points pour l’accident de la circulation et les autres faits générateurs, de 5,4 points pour l’accident du travail et la maladie professionnelle.
Ce que les décisions ne disent pas. Le taux est fixé au vu d’une expertise que les décisions ne reproduisent pas. Elles ne permettent pas de dire si, à fait générateur et âge égaux, les séquelles des femmes sont en moyenne moins lourdes, ou si elles sont évaluées autrement. La catégorie des accidents du travail et maladies professionnelles réunit en outre des pathologies très diverses, dont la répartition peut différer entre femmes et hommes.
Ce rapport a été produit avec l’assistance d’une intelligence artificielle générative, sous la direction scientifique de Christophe Quézel-Ambrunaz. Les chiffres et indicateurs sont calculés à partir du corpus Themia ; les interprétations restent à la charge du lecteur. Les références jurisprudentielles citées ont vocation à être vérifiées avant tout usage professionnel.
Les victimes de sexe masculin sont majoritaires : 56 % des décisions les concernent (5 518, contre 4 254 pour une victime de sexe féminin).