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Dommage corporel

Déficit fonctionnel permanent et sexe de la victime

À taux de déficit fonctionnel permanent et âge identiques, la somme allouée au titre de ce poste est pratiquement la même pour les victimes des deux sexes. L’écart se loge dans le taux : à fait générateur et âge égaux, le taux retenu pour les victimes de sexe féminin est inférieur de 2,7 points. Il est presque nul pour les accidents médicaux et double pour les accidents du travail et maladies professionnelles.

9 772 décisions · Publié le 8 juin 2026

Objet et décisions étudiées

Ce rapport compare, selon le sexe de la victime, le déficit fonctionnel permanent (D.F.P.), poste de la nomenclature Dintilhac qui répare la réduction définitive du potentiel physique, psychosensoriel ou intellectuel subsistant après la consolidation. Deux grandeurs sont examinées : le taux de D.F.P., que le juge retient au vu de l’expertise médicale, et la somme allouée au titre du poste.

Les décisions étudiées. Décisions des juridictions judiciaires et administratives qui retiennent un taux de D.F.P., allouent une indemnité à ce titre et précisent le sexe de la victime : les décisions concernant une victime de sexe féminin sont au nombre de 4 254, contre 5 518 pour une victime de sexe masculin. Une décision qui concerne des victimes des deux sexes compte dans chaque groupe. Dans la suite du rapport, « femmes » et « hommes » désignent ces deux groupes de victimes.

La méthode. Le taux et la somme ne se comparent pas de la même manière.

  • Le taux varie avec la nature des lésions, donc avec le fait générateur, et avec l’âge de la victime. Au-delà des moyennes brutes, il est comparé à fait générateur et âge égaux.
  • La somme se déduit du taux et de l’âge de la victime à la consolidation. Elle n’est donc comparée qu’à taux et tranche d’âge identiques.

Décisions selon le sexe de la victime

Les victimes de sexe masculin sont majoritaires : 56 % des décisions les concernent (5 518, contre 4 254 pour une victime de sexe féminin).

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Sexe de la victimeEffectif · Nombre de décisions
  1. Féminin4 254 (44 %)4 254
  2. Masculin5 518 (56 %)5 518
2 strates · 9 772 décisions au total.

Recalculé le 30 octobre 2026

Taux moyen de D.F.P. selon le sexe

En moyenne brute, le taux de D.F.P. retenu s’établit à 15,3 % pour les victimes de sexe masculin et à 13,0 % pour les victimes de sexe féminin, soit 2,3 points d’écart. Cette moyenne mêle des contentieux différents ; la suite du rapport la décompose par fait générateur et par âge.

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Sexe de la victimeMoyenne · Taux moyen de D.F.P.
  1. Féminin4 254 (44 %)13 %
  2. Masculin5 518 (56 %)15 %
2 strates · 9 772 décisions au total.

Recalculé le 30 octobre 2026

Taux médian de D.F.P. selon le sexe

La moitié des victimes de sexe masculin se voient reconnaître un taux de 8 % au plus, la moitié des victimes de sexe féminin un taux de 7 % au plus. Les taux se concentrent sur les faibles valeurs ; au centre de la distribution, l’écart n’est que d’un point.

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Sexe de la victimeMédiane · Taux médian de D.F.P.
  1. Féminin4 254 (44 %)7.0 %
  2. Masculin5 518 (56 %)8.0 %
2 strates · 9 772 décisions au total.

Recalculé le 30 octobre 2026

Atteintes les plus lourdes : seuil des 10 % de taux les plus élevés, selon le sexe

Un dixième des victimes de sexe masculin se voient reconnaître un taux d’au moins 38 %, contre 30 % pour les victimes de sexe féminin. L’écart, d’un point au centre de la distribution, atteint huit points parmi les atteintes les plus lourdes.

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Sexe de la victimeP90 · Seuil des 10 % de taux les plus élevés
  1. Féminin4 254 (44 %)30 %
  2. Masculin5 518 (56 %)38 %
2 strates · 9 772 décisions au total.

Recalculé le 30 octobre 2026

Décisions par fait générateur et par sexe de la victime

Les deux groupes ne relèvent pas des mêmes contentieux. Les accidents médicaux et infections nosocomiales pèsent pour un quart des décisions concernant une femme, contre un sixième pour un homme : les femmes y sont plus nombreuses que les hommes (1 061 contre 904). À l’inverse, les accidents du travail et maladies professionnelles représentent 23 % des décisions concernant un homme et 15 % de celles concernant une femme (1 276 contre 644).

Sexe de la victime ↓ / Fait générateur →
Accident de circulation
Accident médical et infection nosocomiale
Accident du travail et maladie professionnelle
Autre régime de responsabilité
Infraction pénale
Acte de terrorisme
Masculin
2 578
904
1 276
498
277
19
Féminin
1 761
1 061
644
573
210
23
Nombre de décisions · 12 cellules sur 6 × 2 (12) possibles · sur 9 754 décisions retenues.

Recalculé le 30 octobre 2026

Taux moyen de D.F.P. par fait générateur et par sexe

Le taux moyen retenu pour les victimes de sexe féminin est inférieur dans chaque fait générateur, sauf l’acte de terrorisme, aux effectifs très faibles. L’écart est presque nul pour l’accident médical (22,2 % contre 23,3 %) ; il dépasse deux points pour l’accident de la circulation (8,9 % contre 11,4 %) et cinq points pour l’accident du travail et la maladie professionnelle. Or les accidents médicaux, où les taux sont les plus élevés, pèsent davantage dans les dossiers des femmes : cette composition relève leur moyenne brute et masque une partie de l’écart.

Sexe de la victime ↓ / Fait générateur →
Accident de circulation
Accident médical et infection nosocomiale
Accident du travail et maladie professionnelle
Autre régime de responsabilité
Infraction pénale
Acte de terrorisme
Masculin
11 %
23 %
20 %
12 %
9 %
9 %
Féminin
9 %
22 %
15 %
9 %
7 %
13 %
Taux moyen de D.F.P. · 12 cellules sur 6 × 2 (12) possibles · sur 9 754 décisions retenues.

Recalculé le 30 octobre 2026

À fait générateur et âge égaux, un écart de 2,7 points

Les moyennes brutes mêlent des dossiers différents. Pour comparer les taux à dossier comparable, le taux de D.F.P. des femmes et celui des hommes sont mis en regard au sein de groupes de décisions de même fait générateur et de même tranche d’âge de la victime à la consolidation (tranches de dix ans, plus un groupe « âge non précisé ») ; les écarts obtenus dans chaque groupe sont ensuite moyennés, pondérés par les effectifs. La marge indiquée (±) correspond à un intervalle de confiance d’environ 95 %.

Taux de D.F.P. : écart femmes − hommes, brut et à âge égal

Fait générateurÉcart brutÉcart à âge égal
Accident de la circulation−2,6−2,8 (± 0,8)
Accident médical, infection nosocomiale−0,9−0,2 (± 2,0)
Accident du travail, maladie professionnelle−5,4−5,4 (± 1,6)
Autres faits générateurs (infraction pénale, acte de terrorisme, autres régimes de responsabilité)−2,6−2,6 (± 1,2)
Ensemble−2,3−2,7 (± 0,7)

Écarts en points de taux, femmes moins hommes ; en gras, les écarts qui dépassent leur marge. Pour l’ensemble, l’écart de la dernière colonne est calculé à fait générateur et âge égaux.

L’âge. L’écart se retrouve dans presque toutes les tranches d’âge :

Âge à la consolidationTaux moyen, femmesTaux moyen, hommes
10–19 ans15,8 %15,9 %
20–29 ans10,1 %13,8 %
30–39 ans9,9 %13,2 %
40–49 ans12,7 %13,7 %
50–59 ans12,8 %15,9 %
60–69 ans15,5 %18,8 %
70–79 ans15,8 %21,4 %

Ce que montre la comparaison. Neutraliser l’âge et le fait générateur ne réduit pas l’écart : il passe de 2,3 points en moyenne brute à 2,7 points à dossier comparable. La place des accidents médicaux, où les taux sont élevés et voisins pour les deux sexes, dans les dossiers des femmes en masquait une partie. L’écart est presque nul pour l’accident médical et deux fois plus marqué que la moyenne pour l’accident du travail et la maladie professionnelle.

La somme allouée : le taux et l’âge

La somme allouée au titre du D.F.P. se calcule, dans la pratique des juridictions, en multipliant le taux par une valeur du point qui croît avec le taux et décroît avec l’âge de la victime à la consolidation, selon les référentiels d’indemnisation. Comparer les sommes allouées aux femmes et aux hommes sans tenir compte du taux et de l’âge ne ferait que refléter l’écart de taux mis en évidence plus haut.

La comparaison porte donc sur la somme médiane allouée aux victimes de chaque sexe, pour un même taux de D.F.P. et dans une même tranche d’âge à la consolidation.

À taux et âge identiques, des sommes équivalentes

Somme médiane allouée au titre du D.F.P., victimes de 40 à 59 ans à la consolidation

Somme médiane allouée au titre du D.F.P., femmes / hommes :

Taux de D.F.P.18–39 ans40–59 ans60 ans et plus
3 %5 310 € / 5 325 €4 500 € / 4 320 €3 615 € / 3 630 €
5 %8 850 € / 9 000 €7 000 € / 7 200 €5 410 € / 6 050 €
10 %20 350 € / 20 350 €15 600 € / 15 600 €12 000 € / 12 000 €
15 %34 500 € / 34 500 €25 950 € / 27 000 €20 000 € / 19 500 €
20 %51 200 € / 51 550 €33 250 € / 37 800 €30 250 € / 25 800 €

Âge de la victime à la consolidation. Chaque case repose sur 28 à 204 sommes par sexe.

Pas d’écart de somme. À taux et tranche d’âge identiques, les sommes médianes coïncident : à 10 %, elles sont égales dans les trois tranches d’âge ; ailleurs, les écarts changent de sens d’une case à l’autre et restent inférieurs à 5 %, sauf dans trois cases : la somme est plus élevée pour les hommes à 5 % à partir de 60 ans et à 20 % entre 40 et 59 ans, plus élevée pour les femmes à 20 % à partir de 60 ans. Sur l’ensemble des taux comptant au moins dix sommes pour chaque sexe dans une même tranche d’âge, la somme médiane allouée aux femmes s’établit en moyenne à 98 % de celle allouée aux hommes.

Les deux déterminants du montant. La somme croît plus vite que le taux : entre 18 et 39 ans, elle passe de 5 310 € à 3 % à 51 200 € à 20 %. Elle décroît avec l’âge : à 10 %, de 20 350 € avant 40 ans à 12 000 € à partir de 60 ans.

Lire ces résultats

Pas d’écart dans la somme. À taux de D.F.P. et âge identiques, la somme allouée est la même pour les victimes des deux sexes, à 2 % près en moyenne.

L’écart se loge dans le taux. À fait générateur et âge égaux, le taux retenu pour les victimes de sexe féminin est inférieur de 2,7 points. L’écart est presque nul pour l’accident médical, de 2,6 à 2,8 points pour l’accident de la circulation et les autres faits générateurs, de 5,4 points pour l’accident du travail et la maladie professionnelle.

Ce que les décisions ne disent pas. Le taux est fixé au vu d’une expertise que les décisions ne reproduisent pas. Elles ne permettent pas de dire si, à fait générateur et âge égaux, les séquelles des femmes sont en moyenne moins lourdes, ou si elles sont évaluées autrement. La catégorie des accidents du travail et maladies professionnelles réunit en outre des pathologies très diverses, dont la répartition peut différer entre femmes et hommes.

Réserve

Ce rapport a été produit avec l’assistance d’une intelligence artificielle générative, sous la direction scientifique de Christophe Quézel-Ambrunaz. Les chiffres et indicateurs sont calculés à partir du corpus Themia ; les interprétations restent à la charge du lecteur. Les références jurisprudentielles citées ont vocation à être vérifiées avant tout usage professionnel.